Revue de presse et témoignages

Presse

  • « L’ouvrage se caractérise par l’atmosphère qui s’en détache, une ambiance particulière due à la sensibilité de l’auteur. C’est justement ce qui fait le charme nostalgique qui émerge au fil des pages »
    Elisabeth VoreppeLe Dauphiné Libéré
  • "Ces Nouvelles nous enchantent par leur variété, leur charme nostalgique. Elisabeth Lafont retrace la vie de la campagne qu’elle a aimée, l’amour de la nature et des rencontres humaines au fil des jours "
    Eliette Bellin (le Vivarais)

AL BAYANE (Grand journal marocain)

Entretien avec l’écrivaine, Elisabeth Lafont

Ancienne institutrice, amoureuse des livres et des belles littératures, Elisabeth Lafont est devenue écrivaine et femme de lettres. Elle a exercé l’activité d’attachée de presse pendant de nombreuses années. Elle  vient de publier un recueil de Nouvelles intitulé «De L’Ombre à L’Aurore»  aux Editions Langois Cécile.

IMGP2059Al bayane : Pouvez-vous tout d’abord vous présenter pour ceux qui ne vous connaissent pas?

Elisabeth Lafont : Ancienne institutrice, j’ai voulu changer de métier, car j’aimais beaucoup  les livres. Je suis devenue attachée de presse dans une maison d’édition parisienne (Les Editions  d’Organisation – filiale du Groupe Eyrolles, plutôt orientées vers la gestion d’entreprise, les relations humaines et sociales dans les Entreprises, l’organisation humaine et structurelle des différents services. C’était aussi les tout débuts de l’informatique et nous vendions beaucoup d’ouvrages sur le sujet).

Vous êtes passionnée de littérature. Comment  avez-vous fait la rencontre avec le  monde de l’écriture ?

Ma mère était bibliothécaire et dès mon plus jeune âge, je l’accompagnais à la bibliothèque de notre village dès que je le pouvais.

Je lisais beaucoup, je rangeais les fiches des livres, je l’aidais à trouver les livres qu’elle cherchait ou que cherchaient les lecteurs et j’assistais aux heures de contes qu’elle organisait… Elle avait fait des études de bibliothécaire et était passionnée de livres. Elle avait aussi une curieuse habitude : chaque soir, au moment où elle préparait le repas, elle demandait à l’un de ses enfants de s’asseoir sur un petit banc près d’elle et de lui relire tel passage d’un livre qu’elle « prétendait avoir un peu oublié –toujours un livre adapté à l’âge de l’enfant». En fait, c’est pour nous qu’elle faisait cela et j’en suis restée marquée à vie … J’écrivais de petits livres quand j’étais petite que je reliais toute seule… Et souvent le soir, au moment où nous nous couchions, notre mère venait nous lire une histoire dans notre lit. Cela reste de très bons souvenirs, ineffaçables…

Vous avez exercé l’activité d’attachée de presse pendant de nombreuses années, durant lesquelles vous avez côtoyé le milieu littéraire. Pouvez- vous nous parler du passage de l’écriture journalistique à l’écriture littéraire ?

J’étais en charge, en tant qu’attachée de presse de ce que l’on appelle les dossiers presse, c’est-à-dire qu’il fallait préparer un dossier sur l’auteur, sa vie, son parcours, le contenu de son livre et je rédigeais souvent la 4è de couverture.

Ensuite, j’organisais des rencontres entre auteurs et journalistes (qui n’avaient souvent pas le temps de lire tous les livres qu’ils recevaient en Service de presse de différentes maisons d’édition et je devais faire passer le message en un minimum de temps. Les journalistes posaient leurs questions aux auteurs, qui répondaient bien sûr, mais ils repartaient tous avec le support que j’avais préparé. Il me fallait donc bien connaître le livre dont je parlais… Et retransmettre une sorte de compte rendu dont se serviraient les journalistes. A force de faire ce travail, je me suis habituée à écrire sur des sujets très variés que je n’aurais pas imaginés au départ. Et c’est naturellement ensuite que je me suis tournée vers une écriture personnelle, car je me suis vraiment aperçue que l’écriture faisait partie de ma vie en suivant des ateliers d’écriture et des sessions sur le roman, la Nouvelle, la  Poésie, l’Autobiographie et tant d’autres encore…

delombrealauroreVous venez de publier  un recueil de dix nouvelles «De l’Ombre à l’Aurore». D’ailleurs en méditant le titre on le trouve riche en significations. Quels sont les grands messages que souhaitez véhiculer ?  

Oui, et c’est curieux, car il a été question de plusieurs titres au départ.

Mais il faut faire confiance à l’éditeur. Cécile Langlois a enlevé quelques nouvelles, (je dois avouer aussi qu’elles me dérangeaient et je ne les trouvais pas parfaitement adaptées à ce recueil-là. Mais, allégées et replacées dans ordre différent, alors, le titre s’est imposé tout seul.

On peut choisir le titre d’un recueil de Nouvelles de plusieurs façons : soit on prend le titre d’une Nouvelle qu’auteur ou éditeur ont appréciée, ou alors, on trie parmi les Nouvelles et on trouve un fil conducteur à l’intérieur de ces Nouvelles. Et là, mon éditrice, Cécile LANGLOIS a eu tout à fait raison… Ce recueil est devenu un livre crescendo de l’Ombre vers la Lumière (on commence par un crime !!! et on termine sur la gaieté du Printemps), tout en traversant les différents âges de la vie.

Et dans ce livre, ce qui m’intéresse, c’est de faire partager mon goût de la nature, de la rencontre personnelle avec les gens et de raconter leur vie quotidienne, celle de tout le monde en fait …

Quel regard portez-vous sur le marché littéraire ces dernières années ? 

J’ai quitté le marché « dit littéraire » il y a plusieurs  années, mais j’ai continué à lire des livres que je choisissais. Mais j’étais un peu étonnée de l’évolution vers le fantastique, l’imaginaire. A chacun son style, mais ce sont des genres que je pratique moins pour le moment. Ils font appel à beaucoup d’imagination, mais elle est souvent très virtuelle et irréaliste. En revenant à l’écriture, j’ai rencontré déjà beaucoup d’auteurs et ai été étonnée dans un premier temps du nombre de personnes qui ont envie et besoin d’écrire (pour certains, ils en éprouvent le besoin à un certain moment de leur vie, comme pour faire le point, mais pour d’autres, cela devient une nécessité impérative) …

Et nombre d’entre eux  ne trouvent pas d’éditeur… Et pourtant certains écrivent très bien. Mais le marché de l’édition est devenu très sélectif, il me semble et on ne vend que ce qui « paraît être vendable » – recherche
de la rentabilité- sans prendre le temps de se pencher sur des manuscrits qui sont des trésors. Il faut dire aussi que les éditeurs sont débordés de manuscrits envoyés et il peut leur arriver de passer à côté d’un très bon
livre… C’est une des raisons pour laquelle, il me semble aussi, que certains auteurs s’autoéditent (et cela peut leur coûter des fortunes…), alors que c’est normalement le métier d’un éditeur qui a un bon « feeling »…

Pensez-vous que le livre numérique menace la version papier ? 

C’est le grand débat actuellement… en effet. Le numérique attire énormément, il est moins cher, on peut le charger sur son IPad ou son ordinateur. Question de génération, je pense. C’est un marché qui attire plus les plus jeunes nés avec un ordinateur dans les mains… A terme, je pense et je l’espère que les deux sauront trouver leur place sans que l’un ou l’autre prennent le dessus sur l’autre. Car il y a un autre métier qu’il ne faut pas oublier par derrière, c’est celui du libraire… Que devient-il dans l’histoire ? Il perd sa fonction de conseiller, de fédérateur autour d’un livre, de « découvreur de livre » aussi. Il devient souvent un petit super marché comme les autres où l’on sort et on rentre comme dans un moulin, sans avoir pris le temps d’une vraie rencontre qui vous aurait peut-être fait découvrir « un merveilleux livre » auquel vous ne pensiez pas… Mais pour moi, la version papier restera toujours ma préférée…. Quel grand plaisir que de prendre un livre, de le feuilleter, de repartir en arrière, de l’écorner même, de le retourner, de le poser n’importe où. C’est le signe que j’ai « vécu mon livre » et que j’ai tout oublié pendant sa lecture…

Question traditionnelle : quels sont vos projets littéraires à venir ? 

J’aimerais encore écrire quelques recueils de Nouvelles. J’ai en projet un livre de poèmes illustrés,  une autobiographie, un roman auquel je pense depuis plusieurs années (écrit justement à partir d’une autobiographie qu’une personne âgée m’avait demandé de rédiger à partir de ses souvenirs. Et là, j’ai réalisé que si je n’écrivais pas cette autobiographie différemment pour un large public, certaines traditions seraient perdues à jamais pour la mémoire collective… Je souhaite, à travers ce livre qui sortira un jour, perpétuer l’histoire de ceux qui nous ont précédés, qui ont eu une vie différente, certes, mais tout aussi riche que nous, et parfois plus au point de vue humain, car les moyens de communication actuels n’existaient pas alors et ils devaient vivre avec ce qu’ils avaient et se retrouver entre eux d’une façon différente). Et quelques idées pour les enfants qui murissent… Un long avenir devant moi, je l’espère… Il ne faut jamais se presser, c’est du moins mon avis, pour écrire… Il y a un temps de maturation nécessaire et un jour, ça y est, l’idée est là, vous la couchez sur le papier… Certains auteurs écrivent très vite, d’autres moins, mais le véritable écrivain écrit tous les jours … C’est un exercice obligé pour y arriver…

Écrit par Mohamed Nait Youssef, journaliste au Journal marocain AL BAYANE

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