Pourquoi écrire ? Partage d’un atelier « Découverte »

Pourquoi écrire ? Partage d’un atelier « Découverte »
5 octobre 2016 Elisabeth Lafont

Pourquoi écrire ?

Enfant et jusqu’à mes 13 ans environ, je me réfugiais dans l’écriture. J’étais timide, réservée, parlais peu et écrire, raconter des histoires était le seul moyen que j’avais de m’exprimer. De mettre des mots sur des peurs, des doutes, des espoirs aussi.

L’école a cassé ce désir-là. Le système me bridait l’imagination, anéantissait ma fantaisie, faisait s’envoler mes rêves. On me demandait des plans, des synthèses, des argumentations. Et j’étais jugée et notée pour cela.

Très vite, je n’ai plus pu écrire un mot. Je me sentais creuse. Vide. La créativité et la plume en berne.

Heureusement, le théâtre est entré de plein fouet dans ma vie. Il m’a rendu la créativité. Les mots, je les mettais en bouche. Je pouvais les mâcher, les déguster, les vociférer, les murmurer. Soudain, ils redevenaient chair, vie, ventre, tripes, souffle. Les mots, à nouveau, me libéraient. Les mots, à nouveau, me portaient. Mon corps en vibrait, en frémissait.

Quelques années plus tard, je suis devenue professeur de théâtre et ai créé ma structure que j’ai appelée « Les Ateliers Théâtre La Mise en Bouche ».

La Mise en Bouche… Pas un hasard… Mettre les mots en bouche… S’en délecter… Se mettre en appétit.

En cours, je demande à mes élèves de se laisser traverser, submerger, de ne pas maîtriser, d’oser se sentir vulnérables et fragiles, de lâcher prise, de se surprendre. J’aimerais qu’ils se libèrent de la peur de dire des bêtises, de se sentir ridicules. J’aime les voir évoluer, grandir, lever des appréhensions et des blocages.

Mais moi, débarrassée de mon costume de professeur, je me sens grande trouillarde. Je freine. J’avance encore parfois à tâtons. A l’idée de me retrouver devant une page blanche et d’écrire me terrifie.

Je viens à cet atelier dans l’espoir de me réconcilier avec l’écriture. J’aimerais avoir la fierté de me dire que je peux poser un mot devant l’autre, doucement. Sans savoir où cela pourra me mener.

Pour l’enfant qui grandit en moi, je voudrais accoucher de certains mots/maux.

Marie M.

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