Le Chevalier des Touches

Le Chevalier des Touches
31 octobre 2017 Elisabeth Lafont

C’était vers les dernières années de la Restauration. La demie de huit heures, comme on dit dans l’Ouest, venait de sonner au clocher, pointu comme une aiguille et vitré comme une lanterne, de l’aristocratique petite ville de Valognes. Le bruit de deux sabots traînants, que la terreur ou le mauvais temps semblaient hâter dans leur marche mal assurée, troublait seul le silence de la place des Capucins, déserte et morne alors comme la lande du Gibet elle-même. (…). La pluie, qui était tombée ce jour-là sans interruption, la nuit, – on était en décembre, et aussi les mœurs de cette petite ville, aisée, indolente et bien close, expliquaient la solitude de la place des Capucins et pouvaient justifier l’étonnement du bourgeois rentré, qui peut-être, accoté sous ses contrevents strictement fermés, entendait au loin ces deux sabots, grinçants et haletants sur le pave humide, et au son desquels un autre bruit vint impérieusement se mêler … Barbey d’Aurevilly (1868 – 1889) Un auteur normand à revisiter

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